grand choix donc difficile

Des suggestion des idées comme fait d’expérience. — Nous avons considéré dans le chapitre précédent les idées et les faits de conscience en général en tant que reproductions d’impressions passées. Ce point de vue est celui de la théorie de la mémoire Nous devons maintenant considérer les idées en elles-mêmes, en tant que faits actuels, et sans égard A leur origine première, afin d’en étudier les groupements, et de rechercher comment elles agissent les unes sur les autres, soit pour s’évoquer, soit pour se modifier par leurs actions réciproques. La théorie dans laquelle nous entrons ainsi est la théorie de l’Association des idées.

Du reste no sont pas seulement des idées que les idées suggèrent, ce sont encore des faits psychologiques de tout ordre, sentiments, émotions, désirs. Tous les faits psychologiques tendent A se lier entre eux et A s’appeler les uns les : par exemple, une image évoquera un sentiment, qui lui-même donnera lieu A un désir, cl ainsi de suite On voit que le mot association des idées ne doit pas se prendre dans un sens trop étroit, puisqu’il désigne un caractère commun A tous les de conscience sans exception.

Ce que nous avons A pour étudier la suggestion des idées,

L’ASSOCIATION’ DES IDÉES 109

c’est d’abord d’en rechercher les conditions expérimentales. Dans la nature, en un phénomène ne se produit jamais sans être accompagné, ou sans avoir été précédé par un autre phénomène qui est son antécédent nécessaire et constant, et auquel, par conséquent, il est lié par une loi. Lorsque l’on connaît l’antécédent nécessaire et constant d’un phénomène, on n’a pas pour cela de ce phénomène une explication suffisante : on n’en a même pas d’explication du tout, A proprement parler, car il reste toujours A demander pourquoi l’antécédent A est partout et toujours suivi du conséquent B. Néanmoins on a réalisé un progrès, puisque A défaut des causes intelligibles, qui sont aussi sans doute les causes véritables, on connaît les conditions empiriques desquelles dépend l’apparition du phénomène considéré ; et ce progrès même est si réel que bien souvent les Sciences de la nature s’y arrêtent. C’est donc parla détermination des lois empiriques de la suggestion que nous devons commencer. Nous aurons A voir ensuite s’il est possible de remonter jusqu’aux causes véritables et véritablement explicatives.

Loi de contiguïté.— La première loi de la suggestion des idées, ou plutôt des de conscience en général, c’est qu’un fait de conscience tend A en rappeler un autre lorsque ce dernier s’est produit autrefois dans l’esprit simultanément avec lui ou immédiatement après. Par exemple, les premiers mots d’un vers connu appellent la fin du vers, et le premier vers du morceau droit pénal avocat meaux appelle successivement tous les suivants : l’image d’un monument que j’ai vu nova pas dans ma pensée sans l’image du monument voisin que j’ai perçu en même temps. C’est ce que l’on appelle la loi de contiguïté. La. contiguïté peut donc donner lieu A l’évocation des idées les unes par les autres. Toutefois une confusion ici est à craindre La contiguïté qui produit là suggestion des idées c’est la contiguïté de ces idées dans la conscience, et non pas, comme on se l’imagine quelquefois, la contiguïté de leurs objets dans le temps ou dans l’espace La contiguïté des objets dans le temps ou dans l’espace ne signifie rien par elle-même : elle n’a d’intérêt au point do vue de la suggestion qu’en ce qu’elle peut donner lieu à la contiguïté des idées dans la conscience

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